Poésie pour Paques

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Jérusalem, la ville où siégeait le grand Dieu,
S'apprêtait à fêter la Pâque solennelle.
Par les routes montant à la ville éternelle,
Les pèlerins en foule accouraient au saint lieu.
On entendait bêler, autour du sanctuaire,
D'innombrables agneaux qu'on allait égorger...
C'était l'heure où l'Agneau de Dieu, le bon Berger,
Mourait pour ses brebis, sur la croix du Calvaire.

Le commerce marchait. Plus d'un adorateur
Voulait qu'à son retour de la sainte contrée,
De quelque beau joyau sa femme fût parée.
Ainsi vit-on jadis le parfait serviteur
Offrir à Rébecca colliers et diadèmes...
C'était l'heure où Jésus, d'épines couronné,
Expirait sur la croix, de tous abandonné,
Submergé par un flot de haine et de blasphème.

Dans la ville joyeuse, au soleil du printemps,
Les enfants, assemblés sur les places publiques,
Se livrent à grands cris des combats héroïques ;
Les mères entendaient leurs rires éclatants...
Et c'est l'heure où là-bas, l'autre mère,Marie,
Sentait un glaive aigu lui transpercer le coeur
Mais entendait, pourtant, son fils et son Sauveur,
Au larron pénitent ouvrir l'autre Patrie !

Pilate est soucieux. Il n'a pas oublié
L'Innocent, condamné contre toute justice,
Par la haine des Juifs, au plus cruel supplice.
« Serait-ce un Dieu, » dit-il, « que j'ai crucifié ? »
Et le lâche, troublé par ces pensers funèbres,
Sur un lit de repos étendu mollement,
Cherche en vain le sommeil... Et c'était le moment
Où Jésus appelait son Dieu dans les ténèbres !

Les ténèbres ! Le sol, tout à coup, a tremblé ;
Des tombeaux sont ouverts et des morts ressuscitent !
Des prêtres effrayés, hagards, se précipitent
Hors du Temple, où le Saint des Saints s'est dévoilé !
Prêtres et magistrats, et toi, foule cruelle,
Confessez votre crime ; à genoux, à genoux !
Sinon le sang du Christ retombera sur vous
Et vous serez voués à la mort éternelle !

Et depuis deux mille ans, la pauvre humanité,
Érigeant chaque jour quelque nouvelle idole,
Passe, sans s'arrêter dans sa course frivole,
A côté de la croix, où Jésus est resté.
Car il est toujours là, celui qu'on crucifie !
Il est là, dans les siens, outragés, méconnus...
Ah ! Que je sois, Seigneur, de ces heureux élus,
Qui, mourant avec Toi, par Toi trouvent la vie !



Ruben Saillens (1855-1942), évangéliste et poète 

 

 

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10/04/2017
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