La maison dans l'arbre

 

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Une jolie histoire pour les enfants

 

Eléna voulait une maison dans un arbre...Elle en avait tellement envie qu’elle ne cessait d’en parler à son père. Papa, est-ce que je peux avoir une maison dans un arbre ? S’il te plaît ? Tous les autres enfants en ont ! Eléna fit un sourire enjôleur à son père et continue : Pense à tous les jeux qu’on pourrait faire, Jacqueline et moi ! Nous pourrions jouer au ménage, à l’infirmière, ou même à être missionnaires ! Je t’en prie, papa, supplia-t-elle.


Papa s’arrêta une minute de remplir les mangeoires de foin. Il essuya la sueur de son front avant d’en parler. Je regrette, ma chérie, mais je suis vraiment trop occupé ces jours-ci. Encore un peu de patience ! Et il se remit au travail avec un clin d’œil. Découragée, Eléna retourna sur la véranda. Elle s’assit, le menton dans les mains, les coudes aux genoux. Elle avait tellement envie de cette maison dans l’arbre. J’aurai cinquante ans avant qu’il ait le temps de me la construire ! se dit-elle. Et pour elle, même cinq jours semblaient une éternité.

Eléna fit une autre tentative quelques jours plus tard. Papa, dit-elle, est-ce que tu as le temps de faire ma maison dans l’arbre ? Papa la regarda : Eh bien, j’ai pensé à quelque chose, dit-il. Nous allons conclure un marché.

Quoi, papa ? demanda Eléna, je ferai tout ce que tu diras ! Eh bien ! dit papa, tu sais, cet arbre auquel je te demande toujours de ne pas grimper parce qu’il a des branches dangereuses ? Oui, dit Eléna, je sais...Si tu cesses de grimper à cet arbre, cela vaudra la peine pour moi d’interrompre mon travail pour te construire ta maison perchée. Eléna secoua lentement la tête. D’accord, papa, je vais essayer...Pendant plusieurs jours, la promesse de papa eut un grand effet sur Eléna. Bien que ce soit très dur, Eléna ne s’approcha pas de l’arbre en question. Elle joua près du canal, s’occupa de ses poupées, fit de grandes randonnées avec son chien. Tout alla bien pendant quelque temps.

Mais un jour, elle s’approcha de l’arbre. Elle leva la tête vers ses branches accueillantes. Comme c’était amusant de se suspendre la tête en bas et de regarder le monde à l’envers ! Comme elle avait envie de grimper ! Juste une fois...Non ! dit sa conscience, ne grimpe pas à cet arbre, pas seulement à cause de la promesse de papa, mais parce que tu désobéirais. Tu ferais quelque chose que ton papa et ta maman t’ont dit de ne pas faire. Ils ne disent pas « non » simplement pour t’empêcher de t’amuser, ils ne veulent pas qu’il t’arrive un accident. Eléna hésita quelques instants, essayant de prendre une décision. Elle avait tellement envie de grimper à l’arbre qu’elle prêta peu d’attention à la voix de sa conscience.

S’approchant de l’arbre, elle en embrassa le tronc comme si elle retrouvait un vieil ami. Elle grimpa et regarda le paysage brillant du haut de son perchoir. Puis elle se glissa le long d’une branche morte qui s’étendait au-dessus de la terre brune, formant un crochet de ses genoux, elle se laissa aller en arrière. Quel plaisir. Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas amusée comme ca. Tout en se balançant la tête en bas, elle observa le monde. Il était tout aussi intéressant à l’envers qu’à l’endroit, décida-t-elle.

Eléna s’amusait si bien qu’elle n’entendait pas le craquement. Elle continua à se balancer suspendue par les genoux, souriant de plaisir. Quelques secondes plus tard, il y eut un deuxième craquement. Puis un autre, et encore un autre. Soudain, avant qu'Eléna puisse se rendre compte de ce qui arrivait, la branche gisait comme un roc sur la terre battue. Elle ne pouvait plus respirer. Elle se débattit pour essayer d’aspirer un peu d’air, mais impossible ! Elle pensait : je dois être morte ! Petit à petit, l’air revint dans les poumons d'Eléna et elle découvrit qu’elle pouvait respirer tout doucement. Alors, elle regarda derrière elle et vit papa qui accourait. Après s’être assuré qu'Eléna n’avait rien de cassé, il repartit silencieusement vers la grange. Eléna avait mal partout. Son esprit tournait comme une toupie. Elle se demandait ce que son papa lui dirait plus tard. Ce soir-là, Eléna et papa eurent une sérieuse conversation.

Eléna, dit papa, tu sais bien que je devrais te punir pour avoir désobéi. Mais je crois que tu as été suffisamment punie. Je suis très déçu de n’avoir pas pu compter sur toi. Peut-être que tu as ruiné toutes tes chances d’avoir un jour une maison dans un arbre. Eléna baissa la tête en attendant ce que papa dirait ensuite. J’ai décidé de te donner encore une chance, continua-t-il en laissant un léger sourire envahir ses yeux. Mais souviens-toi, seulement une chance de plus !
 
Merci, papa ! dit Eléna en souriant aussi.

Un jour, des coups de marteau se mirent à retentir près d’un grand arbre à côté de la grange. Oui, papa tenait sa promesse, comme Eléna l’avait fait depuis bien des jours. Bientôt, une charmante petite cabane se nichait entre les branches de l’arbre, toute prête pour Eléna et sa sœur. Chaque fois que les fillettes y apportaient leurs poupées pour jouer à l’infirmière ou au missionnaire. Eléna se souvenait de la façon dont elle avait presque perdu sa chance d’avoir une maison dans un arbre en désobéissant. Et elle décidait fermement encore une fois de ne plus avoir besoin d’une aussi dure leçon que sa chute pour se souvenir que papa et maman ne lui défendaient certaines choses que pour son bien...

 

 

 

Monika F.M

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31/10/2012
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